Entrée au CJD, aux DCF ou dans les clubs d’entrepreneurs : l’absence de transparence.

Le week-end dernier on a enfin trinqué à la mention du petit dernier. Une grande joie pour lui, et un bonheur pour les parents. C’est que la sélection s’inscrit dans la tradition française et… ne cesse jamais : voici comment elle perdure, même longtemps après la vie d’étudiant, quand, comme chef d’entreprise, vous vous faites recaler sans vraiment comprendre pourquoi à l’entrée de certains clubs ou réseaux professionnels.

Entrepreneur lambda

Mon entreprise, je l’ai créée en 2010, après 18 ans d’une carrière commerciale grands comptes. Comme salariée, quand j’oeuvrais au développement commercial de grands comptes de l’industrie du pétrole ou de l’agro-alimentaire, chez Air Liquide ou encore Altran. le besoin de fréquenter des clubs d’entrepreneurs était faible chez ces leaders du marché. Pas l’époque non plus. Du jour au lendemain, quand je me suis retrouvée entrepreneur lambda sur le territoire aixois, en 2010, il a fallu faire son nid, et la fréquentation des réseaux physiques de la région est devenue obligatoire.

Au CJD ? non.

Influencée par l’amoureux de l’époque, le frangin, et bien d’autres copains tous à fond sur le “Centre des Jeunes Dirigeants” (CJD), j’ai toqué à la porte du CJD Aix-en-Provence pour y être admise : j’avais alors 41 ans, j’étais hyper motivée, j’avais envie d’apprendre le job de chef d’entreprise, et même, j’en avais besoin. Ma candidature a été examinée, puis refusée, au motif que “je venais de créer”. J’ai tenté à nouveau deux ans plus tard, en 2012, et là encore, re-belote, non, mais sans réponse, cette fois. En 2016, toujours au CJD, mais Marseille cette fois, grand accueil de la part de la Présidente, plus éclectique, plus ouverte. J’avais alors 48 ans, pas si “jeune” du coup, je m’y suis sentie décalée. C’est moi qui ai alors renoncé. Alors, quels critères d’admission au CJD : taille de section ? date de création ? Nombre de salariés ? volonté d’ouverture de la présidence ?

Aux DCF ? non plus.

Chez les “Dirigeants Commerciaux de France” (DCF), même histoire : j’ai postulé pour la première fois l’année dernière, vu que la prospection commerciale, c’est justement notre métier chez OPEN BIZ. Pas de réponse claire. Cette année, je retente : et là, on m’explique gentiment, cordialement, que le problème n’est ni mon âge, ni la date de création, mais mon activité : il y a trop de consultants dans le domaine du développement commercial.

Au Pays d’Aix Natation ? idem.

Début 2017, je tente pour la troisième fois auprès du “Pays d’Aix Natation” (club de natation synchronisée et de water polo aixois ayant créé son club entrepeneurs, comme bien d’autres clubs sportifs) : même traitement, c’est non. Par certains membres, je finis par comprendre que l’animateur ne “m’aime pas”. Pourtant, nous ne nous connaissons pas et ne nous sommes jamais entretenus.

Alors quels critères ?

Le refus à l’entrée des réseaux a le goût de la déception et celui de l’incompréhension. Pourquoi ? Sur quels critères ces réseaux s’appuient-ils pour décider d’une admission ? Quota par métier ? Quota par secteur d’activité ? Quota de genre (cf les réseaux de femmes qui, eux, refusent les hommes) ? Vote des membres en place ? Tout le monde l’ignore. L’absence de transparence règne.
Souvent, la réponse qui est donnée aux Cabinets de Conseil, c’est qu’ils sont déjà trop nombreux. Surtout quand ils sont petits, et qu’ils ont, justement, besoin d’être épaulés. Idem pour les coachs, conseillers en gestion de patrimoine, “petits” experts comptables, ”petits” cabinets d’avocats, assureurs de moins de 5 salariés : n’est-ce pas ignorer que l’entreprenariat français compte plus de 93 % d’entreprises de moins de 5 salariés ? Alors, les ratios s’appliquent à qui, et comment ? Surtout, comment statue la commission d’admission ? Certains parlent d’enjeux cachés et de préservation d’intérêts des membres en place.

Comment rencontrer les entrepreneurs de plus de 10 salariés ?

Il se trouve que chez OPEN BIZ, nous formons justement les entrepreneurs et les commerciaux à mieux réseauter. Je pense donc naturellement, en écrivant cet article, aux petites sociétés voire aux indépendants qui galèrent pour avoir confiance en eux, pitcher, ou réseauter pour approcher les plus grosses PME voire les Grandes Entreprises. Que leur conseiller ? Au moins pour le Bac, les règles de l’examen sont claires. Ici, non.
Je comprends le désappointement des chefs d’entreprises à qui l’excellent Réseau Entreprendre répond qu’il n’ouvre pas ses portes aux sociétés de plus de 2 ans. Exit aussi les clubs des 30, 50 ou même 100 qui courtisent exclusivement les sociétés qui ont déjà assis leur renommée.

APM ? Germe ? La CPME ? le MEDEF ?

Alors, quel réseau pour ces entrepreneurs qui veulent rencontrer et échanger avec les PME de plus de 10 salariés et “s’inspirer” des expériences de leurs pairs : APM ? impossible quand on a moins de 10 salariés. Germe, son petit frère, why not, mais beaucoup de salariés. Les syndicats professionnels, comme la CPME ou le MEDEF ? Oui. Mais, du coup le risque est de n’y croiser que d’autres entrepreneurs individuels et pas ou peu de PME de plus de 10 salariés, et encore moins de 50 salariés. Au MEDEF, par exemple, les grandes soirées (voeux, assemblée générale etc..) drainent du beau monde mais approcher les chefs d’entreprises leaders de la région y est totalement impossible. Vous trouverez les “petits” entrepreneurs dans la salle, et les patrons charismatiques sur le plateau, comme invités : mais ces deux mondes ne se côtoient pas. A la CPME, chacun a peut-être plus sa place, “petits” et “grands” chefs d’entreprise se mélangent plus, mais la nature-même du syndicat fait qu’il s’adresse surtout aux “petits”. Quant aux commissions, où tous pourraient se côtoyer, soit elles vivotent, soit elles demandent un investissement que ne peut pas fournir un entrepreneur récemment installé.

Et le BNI…

En revanche, vous décrocherez assez facilement une invitation pour un petit déjeuner du réseau d’affaires BNI. Surtout cet été, quand nombre de membres sont partis en vacances. Pour autant, ce n’est pas une mauvaise option si vous êtes sur le créneau BtoC, et notamment assureur ou gestionnaire de patrimoine. Mais pour le BtoB, c’est très discutable. Et le réseau fonctionne avec une rigidité extrême, sur la recommandation des membres les plus actifs, et, qui plus est, sans aucune ouverture sur le web. Là encore, une très grande majorité d’entrepreneurs individuels.

Ne reste-t-il que LinkedIn ?

Alors LinkedIn est-il la seule solution pour rencontrer les chefs des entreprises de plus de 50 salariés ? sans doute…Et si j’en suis rendue à cette conclusion, c’est que chez OPEN BIZ, nous formons les entrepreneurs au réseautage BtoB “connecté”, en alliant virtuel et réel. Il est plus efficace de mailler le codir d’une entreprise de plus de 50 salariés, voire de 10, sur LinkedIn que de fréquenter les réseaux physiques de votre région : n’est-ce pas un non-sens ?!

Rêver un peu…

A quand la création d’un club entrepreneur réellement apolitique, loin des institutions territoriales et des enjeux locaux, des syndicats patronaux et des petits pouvoirs, pour provoquer des rencontres entre “petits” et “grands” dirigeants sur les thèmes économiques, sociaux, sociétaux, technologiques, humains…N’était-ce d’ailleurs pas, à l’origine, l’objectif du CJD ? Certaines régions, comme celle de Nantes, ou Lyon, où, chez OPEN BIZ, nous avons créé une agence, mêlent leurs actions de concert entre la CCI, les syndicats patronaux et mêmes de certains clubs privés pour réfléchir ensemble, s’entraider, co-créer, être efficaces pour grandir.
D’ici là, bel été à tous, entrepreneurs de tous vents, respirez, courrez, humez, fêtez, fondez, créez, aimez !

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